Fédération de la Haute-Vienne de la Libre Pensée

EN FINIR DES GUERRES ! REFUSER DE LES FAIRE !

  • 20 septembre 2024

    Parallèlement à la guerre menée par le gouvernement Israélien contre le peuple Palestinien qui ne cesse de s’amplifier depuis le 7 octobre 2023, et à l'invasion de l'Ukraine décidée par Poutine, qui dure depuis un peu plus de deux ans et demi, des conflits armés de grande ampleur se déroulent actuellement au Burkina Faso, en Somalie, au Soudan, au Yémen, en Birmanie, au Nigeria ou encore en Syrie.

    "Le nombre de conflits a augmenté et le nombre de décès liés aux combats est également en progression, avec une poussée de plus de 400 % depuis le début des années 2000", a déclaré à BBC News Magnus Öberg, directeur de l'UCDP (Programme de Données sur les Conflits d’Upsal – ville de Suède).

    La forte augmentation en 2022 est principalement due à deux guerres particulièrement violentes : celle de Poutine et de l’armée russe contre et l'Ukraine et la guerre en Éthiopie contre le TPLF (Front populaire de libération du Tigré).

    La guerre civile au Yémen, qui a fait selon l'ONU plus de 380 000 morts depuis son début en 2014, se poursuit également sans horizon visible pour sa fin.

    Selon l'ONU, la moitié des décès dans ce pays sont directement causés par le conflit armé, tandis que l'autre moitié est due à la faim et aux maladies causées par la crise humanitaire à grande échelle.

    Ethiopie : 385 000 à 600 000 morts entre 2020 et 2022 ; Burkina Faso : 20 000 morts entre 2015 et 2024 ; Somalie : 550 000 morts entre 1987 et 2015 ; Soudan : sans doute 150 000 morts ; Birmanie : 50 000 morts ; Russie contre Ukraine : 100 000 morts russes et 45 000 ukrainiens ; Israël contre La Palestine : 1 500 morts israéliens et 41 000 palestiniens ; Nigeria : 51 000 morts ; Syrie : près de 550 000 morts ; Yémen : 380 000 morts

    Cette seule liste, de 10 des principaux conflits de ces dernières années, représente près de 2 millions 300 mille morts, en ne prenant en compte que les fourchettes basses d’évaluation. Or, 73 points de conflit sont actuellement répertoriés dans le monde.

    Ayons encore à l’esprit que les guerres ne produisent pas que des morts. Les guerres, ce sont aussi des millions de blessés et infirmes, des millions de gens traumatisés, des millions de femmes violées, des millions de gens déportés, des centaines de milliers d’autres torturés.

    Les famines et les crises sanitaires causées par les guerres sont la cause d’un très grand nombre de ces morts.

    Il faut encore dire le drame des pollutions engendrées par les guerres.

    Il faut aussi mesurer que la guerre se traduit la plupart du temps par des remises en cause des libertés et des droits des peuples en général.

    La vie paisible qu’il nous semble que nous menons, ici, en France, ne peux masquer ces réalités : oui, nous vivons dans un monde en guerre ! D’autant que la France participe à un certain nombre de ces conflits, soit directement avec la présence de soldats français, soit en fournissant des armes aux uns ou aux autres.

    Nous devons garder à l’esprit que, tant que la guerre existera dans un seul endroit de la terre, le monde ne sera pas en paix. Et aujourd’hui 73 points de conflits sont répertoriés.

    Faut-il pour autant désespérer de la paix ?

    La réponse à cette question dépend du niveau de conscience qu’ont les peuples des causes réelles des guerres.

    Au premier plan, il y a les marchands d’armes qui s’enrichissent énormément avec les guerres. Dans notre pays, comme ailleurs, ces marchands d’armes paradent et mènent la belle vie. Ils passent pour des notables respectables, alors qu’ils ne sont que de vulgaires criminels, dont la place est derrière des barreaux.

    Puis, viennent ceux qui les soutiennent. Il s’agit-là des chefs des armées, en France, c’est le Président de la République, des ministres des armées, des députés qui votent les budgets militaires et de tous ceux qui les soutiennent (partis politiques et autres associations guerrières).

    Viennent ensuite toutes les grandes entreprises de l’industrie de la reconstruction qui préparent toujours leurs bons plans comme autant de source d’enrichissement.

    Cependant, les fauteurs de guerres ont toujours besoin de chair à canon. Là réside sans doute une source d’espoir, car si les jeunes, hommes ou femmes, qui forment le gros des troupes appelé(e)s à faire la guerre, refusent d’obéir, ce peut être là le grain de sable qui suffise à enrayer la machine. Il y a encore le soutien qu’ils et elles ont à attendre de leurs familles et ami(e)s. Soutenir les objecteurs de conscience, les déserteurs, les protéger, voire les cacher et tout aussi essentiel. Notons que tant en Russie, qu’en Israël ou même en Ukraine, des jeunes ont refusé de prendre les armes. Ce sont eux les plus courageux !

    Il y a encore les batailles à mener pour gagner au désarmement et à la démilitarisation.

    Oui, revendiquer le désarmement unilatéral est une exigence absolue. Cela appelle forcément une démarche unilatérale, car, si on attend que tous soient d’accord pour s’y engager, on n’aboutira jamais à rien.

    Gagner l’arrêt de la fabrication d’armes. Obtenir donc, l’interdiction de fabriquer, mais aussi d’acheter ou vendre des armes.

    Détruire les armes existantes.

    Abolir les armées et réinvestir les militaires dans des activités civiles.

    Enfin, s’adresser au monde, en proposant de substituer le dialogue aux conflits, partout où il y a des différents à régler. Cela suppose évidemment d’être prêts à discuter, y compris avec ceux avec lesquels nous aurions le plus de divergences. Mais, rien d’autre ne peut mettre fin aux guerres.

    Alors, cela est-il si impensable ? Si déconnecté des réalités ? Si utopique ?

    Ce qui fait la différence, ce sont les millions de morts, blessés, déportés, et meurtris de toutes sortes, du côté de ceux qui décident de la guerre, à mettre en face de discussions pour trouver des solutions, du côté des pacifistes.

    Pourquoi serait-il plus facile et plus logique d’organiser des guerres, qui coûtent cher, mobilisent énormément d’énergie, et surtout massacrent des millions d’humains, quand, se mettre autour d’une table, permettrait de résoudre les problèmes ? D’ailleurs, c’est toujours ce qui se produit après que la guerre ait fait ses ravages. Alors, pourquoi après et pas avant ?

    Les guerres sont encore des coûts économiques faramineux pour les sociétés. Les dépenses d’armement ont été de 2.200 milliards d’euros dans le monde en 2023. Tant que les Etats seront asphyxiés par des investissements militaires, qui dépassent parfois l’entendement, les moyens pour satisfaire les besoins manqueront toujours.

    Mesurons bien que la France, a voté une loi de programmation militaire 2024-2030 qui prévoit un budget de 413 milliards d’euros. On passe ainsi, de 40 milliards d’euros en 2022, à 60 milliards d’euros par an, pendant 7 ans, à partir de 2024. C’est énorme ! Quand dans le même temps on nous dit qu’il n’y a pas les moyens suffisants pour répondre aux besoins pour l’école, la santé ou les services publics, c’est révoltant !

    Les ennemis du peuple n’hésitent pas à prendre des décisions guerrières, dont les peuples paient très cher la facture, alors pourquoi ce même peuple ne pourrait avoir l’audace de décider de ce qu’il convient de faire et éviter ces massacres : refuser les guerres, refuser la voix des armes, refuser les armées ?

    En cette journée Internationale de la Paix, comme tous les autres jours de l’année, dire la vérité sur les guerres, et oser assumer ce qui en découle, voilà la tâche qu’il nous revient de populariser.

    Halte aux guerres !

    Oui, à la vie !

    Loïc LE DIUZET
    Président de la Fédération
    de la Haute-Vienne de la Libre Pensée

    (Intervention faite au nom de la fédération de la Haute-Vienne de la Libre Pensée lors du Rassemblement pour la Paix, samedi 21 septembre 2024 à Saint-Junien (87))